AMENAGEMENT AGRICOLE ET PASTORALISME EN ZONE OFFICE DU NIGER AU MALI

Considéré comme le plus grand périmètre irrigué de l’Afrique de l’Ouest, le potentiel hydro-agricole de l’Office du Niger est estimé à plus d’un million d’hectares de terres cultivables et produit à lui seul plus de la moitié de la production rizicole du Mali. La diversité de ses ressources (terres, eau, herbes) fait que plusieurs systèmes de production y sont pratiqués de façon complémentaire mais aussi concurrentielle, aboutissant le plus souvent à d’énormes tensions sociales. Depuis quelques années, la pratique du pastoralisme provoque de multiples situations de crises qui se manifestent par des nombreux conflits cycliques,

occasionnant parfois des morts d’hommes. L’inadaptation actuelle du système agricole et du pastoralisme résulte de nombreuses contraintes qui s’inscrivent dans une situation générale de pression de l’homme sur la nature, de la sécheresse, et d’actions des différents pouvoirs qui ont dominé la région. Le but visé par la présente recherche consiste à faire une étude anthropologique des dynamiques foncières et des conflits liés à l’accès et à la gestion des ressources naturelles. Ainsi, en dépit de l’évolution récente de sa production rizicole, la région de l’Office du Niger demeure toujours confrontée à un sérieux problème d’accès et de gestion des ressources d’une part, entre ses petits exploitants agricoles et les éleveurs résidents de la région et d’autre part, entre ces différents acteurs traditionnels et les nouveaux investisseurs fonciers qui s’accaparent de plus en plus des espaces agropastoraux, ce qui nous met au cœur du renouveau de la question foncière notamment, en Afrique.